Nouvelle campagne de sensibilisation contre les cigarettes de contrefaçon

Nouvelle campagne de sensibilisation contre les cigarettes de contrefaçon

En janvier 2026, face à l’explosion du trafic de cigarettes illicites, une campagne de sensibilisation inédite a été officiellement lancée à Paris par l’Union des Fabricants (Unifab) et ses partenaires. Son objectif est d’informer le grand public des dangers liés aux cigarettes de contrefaçon, un fléau grandissant qui inquiète autorités et professionnels.

Un trafic de cigarettes contrefaites en forte hausse

Le phénomène des cigarettes de contrefaçon a pris une ampleur alarmante en France ces dernières années. Selon un rapport publié en 2025 par l’Unifab, environ 15,4 % des cigarettes consommées en France seraient des contrefaçons, un record européen. En 2023, près de 300 millions de paquets de cigarettes falsifiées auraient été écoulés illégalement. Cette contrebande massive entraîne un manque à gagner considérable pour l’État : on estime à 5 milliards d’euros par an les recettes fiscales perdues à cause du commerce illégal de tabac. Derrière ce trafic, on retrouve des réseaux criminels internationaux structurés, souvent liés à d’autres trafics tels que le narcotrafic. Ces organisations adaptent sans cesse leurs méthodes pour échapper à la répression, allant jusqu’à implanter des usines clandestines de fabrication en Europe et en France. On dénombre à ce jour six usines clandestines de fausses cigarettes démantelées sur le territoire français. Pour exemple, en janvier 2023, la gendarmerie a saisi plus de 100 tonnes de cigarettes contrefaites en démantelant une fabrique illégale près de Rouen, la plus importante jamais découverte dans le pays. Ces chiffres illustrent l’ampleur d’un marché parallèle du tabac en plein essor.

Objectifs et messages de la campagne

La nouvelle campagne de sensibilisation vise à mettre en lumière les multiples conséquences néfastes de la contrefaçon de cigarettes. Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas d’un simple problème financier ou douanier, mais d’un enjeu sanitaire et sécuritaire majeur. La campagne rappelle ainsi que le commerce de cigarettes contrefaites engendre plusieurs problèmes graves :

  • le financement de réseaux criminels organisés qui profitent de ce trafic ;
  • un manque à gagner fiscal important pour l’État (recettes de taxes non perçues) ;
  • une distribution illégale hors du réseau officiel des buralistes, sans aucun respect des normes sanitaires ou de qualité ;
  • des risques sérieux pour la santé des consommateurs exposés à des produits toxiques.

En effet, ces cigarettes vendues en dehors de tout contrôle ne respectent aucune norme sanitaire. Des inspections ont révélé des conditions de fabrication insalubres : dans certaines usines clandestines, le tabac était stocké à même le sol et l’on a retrouvé dans des cigarettes contrefaites des excréments et urine de rongeurs, du mercure ou même du ciment. Autrement dit, le tabac contrefait s’avère encore plus nocif que le tabac légal, exposant les fumeurs à des dangers accrus. En sensibilisant le public à ces réalités, la campagne entend réduire l’attrait pour ces produits illicites bon marché et rappeler que derrière le moindre paquet acheté au marché noir se cachent de graves enjeux de santé publique et de sécurité.

 

 

Acteurs mobilisés contre le fléau

Cette initiative est portée par l’Unifab, une association française de défense de la propriété intellectuelle qui regroupe de nombreuses entreprises, en partenariat avec différents acteurs publics. Son lancement a réuni un panel d’intervenants de haut niveau, illustrant la nécessaire collaboration entre pouvoirs publics et secteur privé dans cette lutte. Côté forces de l’ordre, la Gendarmerie nationale était représentée lors de la conférence de presse par le général Dominique Lambert (sous-directeur de la police judiciaire), venu souligner l’importance des volets répression et investigation contre les trafics de tabac illicite. Les Douanes françaises sont également en première ligne : elles ont intensifié les contrôles aux frontières et sur le territoire afin d’endiguer l’afflux de cigarettes illégales. En 2024, la Douane a ainsi intercepté plus de 3,1 millions de paquets de cigarettes contrefaites (environ 62 tonnes), soit près de 19 % de l’ensemble des saisies de cigarettes de l’année, un volume presque neuf fois supérieur à celui saisi en 2020. Du côté des décideurs publics, le Gouvernement français a manifesté son soutien à cette cause. Il a fait de la lutte contre la contrefaçon une priorité, notamment via un plan national 2024-2026 dédié, témoignant de sa détermination à enrayer les trafics de contrefaçons sur le territoire. Des responsables politiques s’investissent également : par exemple, Christophe Blanchet, député du Calvados et vice-président de l’Assemblée nationale, participe activement à la sensibilisation sur ce sujet, après avoir alerté depuis 2020 sur les dangers du trafic de tabac de contrefaçon. Enfin, les buralistes (débits de tabac officiels) soutiennent l’initiative, eux qui constatent la baisse des ventes légales et avaient organisé en novembre 2025 un rassemblement inédit de plus d’une centaine d’élus pour demander des actions fortes contre le commerce illicite de tabac.

Actions de communication et renforcement des contrôles

La campagne de sensibilisation déployée début 2026 mise sur une stratégie de communication digitale percutante. Intitulée « La contrefaçon sans filtre », elle prend la forme d’une mini-série vidéo diffusée sur Internet et les réseaux sociaux. Ces courts épisodes pédagogiques plongent les internautes au cœur du problème en illustrant différents aspects du fléau : l’ampleur de la vente illégale de cigarettes contrefaites, le travail des forces de l’ordre lors des saisies, ou encore le démantèlement d’une usine clandestine de fabrication de faux tabac. Cette approche 100 % numérique permet de toucher un large public et de marteler les messages clés de prévention sur des supports modernes et viraux.

En parallèle de cette campagne de communication, les autorités poursuivent et renforcent les opérations de répression sur le terrain. Ces derniers mois, les douaniers et les forces de police multiplient les saisies spectaculaires de tabac illégal. Par exemple, à l’été 2025, une prise record de 15,6 tonnes de cigarettes de contrebande a été réalisée par la douane dans le port de Marseille. Sur l’ensemble de l’année 2024, les saisies de tabac par les Douanes françaises ont atteint près de 489 tonnes tous produits confondus, témoignant de l’ampleur des efforts engagés. Chaque cargaison interceptée, chaque atelier clandestine démantelé, contribue à affaiblir les filières criminelles et à envoyer un signal dissuasif. Les pouvoirs publics l’affirment : la lutte contre les cigarettes de contrefaçon est désormais une priorité nationale, à la hauteur des enjeux économiques et sanitaires qu’elle représente.

En conclusion, la France a lancé en ce début d’année 2026 une campagne vigoureuse et neutre d’information pour sensibiliser les consommateurs aux risques des cigarettes contrefaites. Portée par l’Unifab avec l’appui de l’État, de la douane et des forces de l’ordre, cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale alliant prévention et répression. L’objectif affiché est clair : endiguer le fléau de la contrefaçon de tabac qui prive l’État de ressources, alimente la criminalité organisée et met en danger la santé des fumeurs. Si le défi reste de taille au vu de l’ampleur du marché illicite, cette mobilisation conjointe des acteurs publics et privés marque une étape importante pour faire reculer ce trafic et protéger les citoyens.

Sources : Cnews, Douane.gouv, Revuedestabacs