La Bruyère

 
   


 
POURQUOI LA BRUYERE ?
L'utilisation de la bruyère pour la fabrication de pipes est une "invention" de Saint-Claude qui remonte aux années 1850. Les premiers ébauchons vinrent du midi de la France.
Aucune autre essence de bois n'a pu la supplanter depuis, chez les fumeurs de pipes. C'est un bois très beau à l'oeil par ses veines ou son grain rares, un bois très dense, résistant au feu, et dont l'arôme se mêle admirablement à celui du tabac.
 
QU'EST-CE-QUE LA BRUYERE ?
On utilise pour la fabrication de la pipe une variété de bruyère appelée BRUYERE ARBORESCENTE (érics arborea). C'est un arbuste à fleurs blanches qui peut atteindre 4 à 6 mètres de haut et qui pousse à l'état sauvage au milieu des chênes-lièges ou dans les maquis. Il a la particularité de posséder, entre le tronc et les racines, une excroissance en forme de boule appelée SOUCHE. Seule la souche de bruyère convient à la fabrication des pipes.
 
LES PAYS PRODUCTEURS :
La bruyère arborescente se trouve sur le littoral de tous les pays qui bordent la Méditerranée, à savoir : GRECE, ALBANIE, ITALIE, FRANCE (départements du midi, Corse), ESPAGNE, MAROC, ALGERIE, TUNISIE.
 
L'AGE DES BRUYERES :
Il faut selon les terrains, de 40 à 50 ans pour obtenir une souche exploitable. Il existe des CRUS meilleurs que d'autres. Pour fabriquer une bonne pipe, on doit avoir au départ une bonne bruyère. On sait par exemple qu'un sol difficile donne des bruyères plus denses, donc plus belles et meilleures à fumer. Les bruyères sélectionnées par BUTZ-CHOQUIN proviennent des meilleurs "coteaux" de Corse, d'Algérie, du Maroc, de Tunisie
 
L'ARRACHAGE DES SOUCHES :
Par lui commence le processus de transformation. L'arracheur sait, au vu d'un arbuste de bruyère, s'il va donner ou non une souche suffisante (environ 20 cm de diamètre minimum). Il ne fait pas de coupes blanches et garde ainsi pour plus tard l'arbuste trop jeune. Son travail consiste à déterrer la souche, à la séparer de ses racines, à la couper de son tronc, à la nettoyer ensuite de la terre et des cailloux qui s'y trouvent mêlés.
Il la partage enfin en quartiers pour vérifier qu'elle est saine. Ce sont ces quartiers de souches, prêts à être transformés, qu'il vend au fabricant d'ébauchons, installé à proximité. La période de la cueillette ou arrachage se déroule d'octobre à mars-avril. Les autres mois, la terre est trop sèche pour que l'arrachage puisse se poursuivre sans danger d'éclatement et de détérioration des souches.
 
LA TRANSFORMATION EN EBAUCHONS :
A la scierie, les souches sont stockées en tas dans des hangars et dans des trous. Recouvertes de branchages ou de sacs, elles sont maintenues en continuel état d'humidité pour éviter qu'elles ne se fendent.
Intervient alors le sciage des ébauchons, une profession rare et difficile. Le scieur doit étudier chaque quartier de souche pour en tirer le meilleur rendement. Il doit aussi s'efforcer de suivre au mieux le veinage ou le grain de la bruyère. Selon les défauts à éliminer, selon les caractéristiques de la souche, il la taillera en MARSEILLAISES qui serviront à faire des pipes droites ou en RELEVES qui feront des pipes courbées. Il faut 5 à 6 quintaux de souches pour obtenir une balle d'ébauchons.
Le scieur fait en même temps la sélection des qualités (extra, premier et race, cette dernière étant réservée aux pipes de second ordre). Après sciage et tri, les ébauchons sont plongés dans une cuve en cuivre remplie d'eau. Ils y sont étuvés à l'eau bouillante pendant près de 20 heures. Cette opération a pour but de retirer la sève de la bruyère et de stabiliser ainsi le bois.
 
LES EBAUCHONS :
Les ébauchons subissent alors un premier échange naturel très lent. Déjà triés par qualité, ils vont être maintenant triés par taille. Il existe ainsi 13 tailles de MARSEILLAISES ET 6 tailles de RELEVES.
Ils sont ensuite comptés et mis en sac. L'unité de vente est la balle, qui correspond à une quantité d'ébauchons donnée, variable selon la taille. Elle peut aller de 60 à 36 dz pour les tailles les plus courantes.
Seuls les meilleurs de ces ébauchons seront, après leur lente et minutieuse transformation en pipes, signés BUTZ-CHOQUIN.